Latest posts

THE UGE ARMY OF DWARF - LES GARDIENS DES CIMES

FAMILLE GARDIENS DES CIMES

Devise

« Là où d'autres gèlent, nous veillons. »

Les Chroniques d'Allistaire le Prolifique

À la nuit des temps, alors que les nains ne formaient encore qu'un seul et unique royaume, régnait un souverain connu sous le nom d'Allistaire le Prolifique. Ce surnom lui avait été donné parce que le destin lui avait offert six enfants : quatre fils et deux filles.

Les années passaient et chacun d'eux atteignait désormais l'âge de prétendre au trône. Allistaire était un roi inquiet. Craignant qu'à sa mort le royaume ne sombre dans une guerre de succession, il imagina un stratagème.

Il convoqua ses six héritiers à un immense festin. Lorsque les chants cessèrent et que les dernières coupes furent vidées, le vieux roi se leva. Son regard parcourut lentement chacun de ses enfants avant de prendre la parole.

« Chacun de vous recevra une mission. Celui qui servira le mieux notre royaume deviendra mon successeur. »

Sa fille aînée, Griselda, reçut les terres les plus fertiles. Sa mission serait de nourrir le peuple nain. Elle partit avec ses vassaux et fonda la Famille Graindorge.

Son premier fils, Boirdin, reçut les immenses forêts et les vallées sauvages. Il aurait pour devoir d'approvisionner le royaume en viande, cuir et gibier. Ainsi naquit la Famille Hurlevent.

Vinrent ensuite les jumeaux Casper et Jasper. Si semblables que leur propre mère les confondait encore lorsqu'ils portaient leur casque, ils étaient pourtant aussi différents que le feu et la pierre.

Le roi leur confia les montagnes riches en minerais.

À Casper revint la maîtrise du métal et des forges. Il fonda la Famille Foyer Ardent.

À Jasper revint l'art de bâtir et de façonner la pierre. Il fonda la Famille Taille-Pierre.

Sa seconde fille, Valoria, reçut les côtes, les fleuves et les océans. Grande navigatrice, elle aurait pour mission d'apporter au royaume les richesses de la mer, si chères au vieux souverain. Elle partit à son tour avec ses vassaux et donna naissance à la Famille Fils du Kraken.

Lorsque le roi leva enfin les yeux vers son dernier enfant...

Le silence s'installa. Longtemps. Il avait distribué les terres fertiles. Les forêts. Les montagnes de minerai. Les carrières. Les mers. Il ne restait plus rien.

Son plus jeune fils s'appelait Athus.

Allistaire s'approcha de lui et posa une main sur son épaule.

« Les royaumes de tes frères et sœurs sont entourés de hautes montagnes. Elles seront ton domaine. Tu garderas les cols et les passages qui protègent notre peuple. Tant que tu veilleras sur les sommets, aucun ennemi ne pénétrera sur les terres des nains. »

Athus comprit immédiatement. Il n'avait reçu ni les terres les plus riches, ni les plus fertiles. Il s'inclina simplement. « Alors... je veillerai. »

Ainsi naquit la Famille Gardiens des Cimes.

Les années devinrent des décennies. Les décennies devinrent des siècles. Chacun des six enfants bâtit son royaume et consacra sa vie à son peuple. Le vieux roi ne revit jamais ses enfants. Un seul pourtant revenait chaque année. Toujours le même. Toujours à la même date. Le jour de l'anniversaire d'Allistaire. Athus franchissait les cols enneigés pour partager un repas avec son père avant de reprendre le chemin des montagnes.

Lorsque le vieux souverain s'éteignit, les chroniqueurs racontent qu'une unique paire de bottes couvertes de neige reposait devant la porte du château. Athus était venu une dernière fois. Parce qu'avant d'être roi... Il était un fils.

Athus régnait désormais sur le plus haut royaume nain. Depuis les sommets, il observait prospérer les cinq autres royaumes tout en veillant sur les seuls passages permettant d'accéder au territoire nain. L'hiver y régnait presque toute l'année. Les cols demeuraient ensevelis sous la neige tandis que des vents glacés balayaient sans relâche les crêtes.

Très vite, Athus comprit que nul peuple ne pouvait survivre durablement à la surface dans un environnement aussi hostile. Accompagné de ses vassaux, il entreprit alors de parcourir chaque vallée, chaque falaise et chaque montagne afin d'y répertorier la moindre cavité naturelle. Les années passèrent. Chaque nouvelle grotte fut soigneusement cartographiée. Puis les mineurs découvrirent qu'elles n'étaient souvent séparées que par quelques mètres de roche. Les marteaux frappèrent. Les pioches résonnèrent. Les galeries se multiplièrent. Peu à peu, toutes ces cavernes furent reliées entre elles jusqu'à former un immense réseau souterrain permettant de traverser le royaume sans jamais affronter les tempêtes. La montagne elle-même était devenue leur forteresse.

Les longs hivers leur enseignèrent également une autre leçon. La prévoyance était la première des richesses. De vastes salles furent aménagées afin d'y entreposer céréales, légumes séchés et réserves alimentaires. D'immenses cavernes accueillirent les troupeaux, tandis que les lacs souterrains furent peuplés de poissons assurant une nourriture permanente. Chez les Gardiens des Cimes, prévoir n'était pas une qualité. C'était une condition de survie.

Chez les Gardiens des Cimes, les anciens aiment rappeler un proverbe :

« Un royaume prospère lorsque ses enfants grandissent nombreux. »

Les longues années de paix et les réserves abondantes favorisèrent naturellement la croissance de leur peuple. Les familles s'agrandirent rapidement, apportant avec elles un nouveau défi : préparer les jeunes générations à survivre dans le royaume le plus hostile de tout le monde nain.

Athus refusait que ses enfants craignent la montagne. Dès leur plus jeune âge, garçons et filles étaient conduits hors des cavernes. Officiellement, ils allaient jouer. En réalité... Ils commençaient déjà leur apprentissage. Jour après jour, hiver après hiver, ils apprenaient à connaître la neige, à reconnaître les vents, à lire les nuages et à prévoir les tempêtes. Le ski devenait un jeu. Le snowboard une évidence. Mais c'était surtout la maîtrise de l'Hydrosnower qui faisait leur fierté, tant cette discipline exigeait adresse, courage et parfaite connaissance des reliefs.

Les années passaient. Le froid cessait d'être un ennemi. Il devenait un compagnon. À force de vivre au cœur des sommets, les Gardiens des Cimes finirent par supporter sans peine les températures les plus extrêmes. En revanche, les terres brûlantes des déserts ou les forêts lourdes, chaudes et humides leur étaient presque insupportables. Chaque peuple est façonné par la terre qui le voit naître. Les Gardiens des Cimes avaient été façonnés par la glace.

La montagne leur enseigna également une autre leçon. Là où le gibier est rare, le chasseur ne peut compter ni sur la vitesse, ni sur la force. Seule la patience est récompensée. Afin d'approcher leurs proies sans être vus, ils développèrent un art que les autres familles maîtrisaient à peine : le camouflage. Leurs tenues variaient selon la saison, la roche ou la neige. Immobiles, ils devenaient presque impossibles à distinguer du paysage. Avec le temps, ils acquirent une réputation qui dépassa largement leurs montagnes. Lorsque les royaumes nains devaient envoyer des éclaireurs, infiltrer un territoire ennemi ou mener une mission derrière les lignes adverses, un seul nom revenait systématiquement. Les Gardiens des Cimes.

Chez les Gardiens des Cimes, le mariage n'était pas seulement l'union de deux êtres. C'était un serment. Une promesse qui engageait deux vies jusqu'à leur dernier souffle. Les mots séparation ou divorce n'existaient pas dans leur langue. Ils leur étaient tout simplement étrangers. Cette confiance absolue se retrouvait jusque sur les champs de bataille. Hommes et femmes combattaient côte à côte. Non parce qu'ils y étaient contraints... Mais parce qu'aucun guerrier ne protège mieux son compagnon que celui ou celle avec qui il partage toute une vie. Les Gardiens des Cimes envoyaient des couples. Et rares étaient ceux capables d'égaler leur coordination.

Parmi toutes les traditions des Gardiens des Cimes, aucune n'était plus surprenante que celle de la naissance. Lorsque venait le moment d'accoucher, la future mère prenait simplement une couverture et un couteau. Puis elle quittait seule les cavernes. Elle marchait jusqu'à trouver un vieux sapin. Adossée à son tronc, elle donnait naissance à son enfant. Elle coupait elle-même le cordon ombilical, enveloppait le nouveau-né dans la couverture, puis regagnait le foyer familial. Là, le père l'attendait. Sans prononcer un mot, il prenait l'enfant contre sa peau nue afin de lui transmettre sa chaleur. Pour un étranger, cette coutume pouvait sembler rude. Pour les Gardiens des Cimes, elle représentait la première leçon de toute une vie. Le froid existerait toujours. Les épreuves aussi. Mais la famille serait toujours là pour offrir sa chaleur. Ainsi, dès son premier souffle, chaque enfant apprend que les Gardiens des Cimes n'apprennent pas à vaincre le froid. Ils apprennent à vivre avec lui.

Les deux héritages d'Athus

Deux événements marquèrent profondément le règne d'Athus.

Le premier apporta l'espérance. Le second façonna à jamais l'âme des Gardiens des Cimes.

Au cours d'une expédition dans les plus hautes montagnes, les explorateurs d'Athus découvrirent une immense caverne oubliée du temps. En son centre reposaient six œufs gigantesques. Jamais aucun nain n'avait contemplé semblable merveille. Les anciens comprirent rapidement qu'ils appartenaient à des dragons.

Sans hésiter, Athus prit une décision qui surprit son entourage. Il conserva un seul œuf pour son royaume et remit chacun des cinq autres à ses frères et sœurs. À chacun, il demanda la même chose.

« Élevez-les avec sagesse. »

Nul ne pouvait alors imaginer les conséquences de ce simple geste.

Les années passèrent. Puis survint une année que les chroniqueurs appelèrent plus tard l'Hiver de la Disette. Les pluies tombèrent sans relâche. Les terres fertiles ne produisirent presque aucune récolte. Le gibier, privé de nourriture, disparut en grande partie des montagnes et des forêts. Sur les côtes, les tempêtes détruisirent une partie des embarcations des Fils du Kraken, réduisant considérablement les prises.

Très vite... La famine frappa les six royaumes. Les réserves s'épuisèrent. Les premiers enfants commencèrent à manquer de nourriture.

Alors... Athus ouvrit les immenses greniers que son peuple remplissait depuis des générations. Des caravanes quittèrent les montagnes. Blé. Viande. Poissons. Légumes séchés. Tout fut distribué. Grâce à cette décision, les six royaumes traversèrent l'hiver sans subir davantage de pertes.

Lorsque le printemps revint... Athus attendit. Non des richesses. Non des récompenses. Simplement un merci. Il n'en reçut aucun. Pour tous, cette aide allait de soi. Après tout... Les réserves existaient. Pourquoi ne pas les partager ?

Ils avaient oublié les paroles d'Allistaire. La famille avant tout. Chaque nain mérite d'être aidé.

Ce jour-là... Quelque chose se brisa dans le cœur d'Athus. Il ne renia jamais ses frères et sœurs. Mais il comprit qu'à vouloir protéger tout le monde, il risquait un jour de ne plus pouvoir protéger les siens. À partir de cet instant, une nouvelle règle guida son peuple. La famille d'abord.

Toujours. Les enfants continuèrent d'être élevés selon les principes transmis par Allistaire. Ne jamais abandonner. Donner le meilleur de soi-même. Faire passer le devoir avant son propre confort. Et surtout... Protéger sa famille. Cette philosophie forgea des guerriers d'exception. Disciplinés. Patients. Loyaux.

Ils devinrent peu à peu les meilleurs gardes du corps de tout le peuple nain. Au fil des siècles, une tradition s'imposa naturellement. Seuls les Gardiens des Cimes furent autorisés à assurer la garde rapprochée du roi régnant. Leur serment était simple. Ils protégeraient leur souverain jusqu'à leur dernier souffle. Sans hésitation. Sans peur.

Les Gardiens des Cimes choisirent également de vivre en complète autarcie. Ils ne demandaient rien aux autres familles. Ils bâtissaient eux-mêmes leurs cités. Leurs galeries, leurs salles et leurs habitations s'étendaient sur des kilomètres, creusées dans la montagne puis consolidées par d'immenses ouvrages de béton, offrant des constructions solides, durables et faciles à entretenir.

Derrière d'imposantes portes blindées se trouvait l'entrée de leur royaume. À droite de chacune d'elles était fixé un clavier numérique. Les visiteurs n'avaient qu'un seul mot à composer.

NAIN

Alors seulement les lourdes portes s'ouvraient. Car, quelles que soient les épreuves traversées au fil des siècles... Rien n'est plus important que la famille.

Leave a comment